Les rituels sont présents au sein de tous les peuples. Il s’agit de pratiques culturelles formalisées à vocation sacrée et/ou symbolique dont le but est de créer une expérience émotionnelle commune pour les participants. L’objectif est principalement la symbolisation : il s’agit de permettre à une communauté d’intégrer une perte ou un changement dans leur vie. Par exemple, on fait une cérémonie pour une naissance, un mariage, ou un décès. Ainsi on peut parler de rituel thérapeutique.

Dans cet article nous verrons en quoi le rituel thérapeutique est utile dans le cadre du développement personnel : je précise qu’il ne s’agit nullement ici de pratiques chamaniques, magiques, occultes ou spirituelles. On trouve d’ailleurs des rites au sein de sociétés laïques (la relève de la garde rouge, le salut au drapeau, la pendaison de crémaillères etc), et la dimension religieuse n’est absolument pas universelle au sein des pratiques rituelles.

Notre monde manque cruellement de rituels : ce que la science a apporté en terme de compréhension du monde, et de confort, elle l’a retiré dans le domaine du merveilleux, de l’imaginaire et du rituel. Je pense que pour vivre heureux, il convient non pas d’être passéiste et de tomber dans des pratiques primitives, mais de choisir une voie médiane : prendre ce qui est positif de notre monde, et s’autoriser à la rêverie, à l’imaginaire. Par la pratique du rituel nous pouvons mêler ces deux dimensions.

Le rituel pour se créer une discipline de vie

Prenons l’exemple des écoles : l’appel, le fait de se lever quand rentre un professeur, ou la segmentation des journées selon un cadre précis, sont autant de rituels permettant à l’enfant de s’intégrer dans une dimension d’apprentissage. Beaucoup d’études parlent ainsi des bienfaits du mouvement sur la mémorisation et l’apprentissage.

Dans la vie de tous les jours, il est utile de conscientiser nos rituélies : si nous aimons prendre du café le matin, et que nous le faisons systématiquement, alors peut-être qu’y apporter une attention plus précise peut maximiser notre plaisir et notre concentration. Comme le rituel du thé, prendre le temps de tester des variétés et recettes, et s’accorder quelques minutes pour se faire plaisir dans une activité seulement orientée vers notre plaisir peut permettre de se sentir mieux.

Personnellement, j’essaye de pratiquer un peu de sport chaque jour, et j’accorde quelques minutes à chaque fin de séance à une méditation simple. Cela me permet de revenir à mes activités quotidiennes après la décharge d’adrénaline, et d’utiliser l’euphorie de la séance pour maximiser ma décontraction. On peut imaginer pareillement mettre en place un rituel régulier de soin du corps : prendre un bain, se brosser à sec, appliquer des soins naturels sur sa peau, le tout en imaginant en conscience se débarrasser des mauvaises pensées par exemple.

Photo d'une jeune femme dans son bain en plein rituel thérapeutique, qui joue avec de la mousse

L’idée derrière la ritualisation, ou la sacralisation, d’une activité quotidienne qu’on aime, c’est d’être plus contemplatif et conscient de l’instant. Les sociétés traditionnelles voyaient dans tout acte une dimension sacrée : dans l’artisan qui forgeait la matière selon sa volonté, dans le guerrier qui combattait, dans le roi qui dirigeait, on voyait un sacerdoce qui modifiait l’homme en profondeur. L’ouvrier se parfait lui-même, le chevalier combat aussi intérieurement, le dirigeant devient maître de lui-même.

Le rituel thérapeutique dans un cadre de soin

Beaucoup de thérapeutes ont proposé des démarches rituéliques. On pourra citer l’artiste chilien Alejandro Jodorowsky, et sa psychomagie, ou en un sens le psychodrame de Jacob Levy Moreno. Si l’on exclut les dérives New-Age et spiritualistes de ce genre de pratiques, on pourra résumer leur démarche ainsi : les rites sont universellement utilisés pour extérioriser des contenus internes. Dans une optique thérapeutique on peut rejouer une scène traumatique en en changeant le dénouement ou les modalités, ou encore, dans une démarche artistique, exorciser un trauma en le rendant source d’inspiration.

En utilisant des symboles marquants, en créant une atmosphère empreinte de sacralité et de beauté, on peut créer chez nous un état d’esprit particulier. C’est le principe qui sous-tend l’architecture sacrée : si l’on est émerveillés et qu’on se sent appelés à l’oraison au sein d’un monastère ou d’une église, c’est parce que ceux-ci sont des symboles vivants. A leur contact, on atteint un état de conscience légèrement altéré. La musique, l’encens, l’attention sur des gestes précis, ou sur une recherche de la beauté des mouvements et de l’acte pour lui-même, sont autant de moyens par lesquels on peut étendre notre degré d’attention au monde et à nous-même.

Mettre en place un rituel de deuil après une rupture ou la perte d’un proche, s’accorder du temps pour parfaire une activité qu’on fait normalement de façon routinière et inconsciente…. Ce sont des biais utiles pour sortir de nos habitudes et de nos souffrances.


Et vous avez-vous des rituels quotidiens ? Parlons-en en commentaire !

Prenez rendez-vous dès aujourd’hui et mettons ensemble en place un soutien personnalisé !

Commentaires

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *